A la Une: le bras de fer se poursuit au Gabon

Jean Ping continue de remuer ciel et terre pour obtenir gain de cause… Il se considère comme le vainqueur de l’élection présidentielle du 27 août et en appelle à la France, à l’Europe et aux Etats-Unis. Ali Bongo, lui, s’appuie sur les résultats officiels du scrutin.

A Libreville et à Port-Gentil, les violences ont baissé d’un cran mais la tension est toujours perceptible.

Dans les médias gabonais, silence radio. Le journal L’Union, très favorable au pouvoir, n’est pas paru depuis mercredi dernier. « Nous avons fait l’objet d’un incendie. Nous ne pouvons pas travailler », a indiqué à l’AFP son directeur de la publication, Lin-Joël Ndembet, qui ignore quand le quotidien pourra revenir en kiosque. Les locaux de deux télévisions privées, Radio-Télévision Nazareth et Télé Plus, ont aussi été attaqués. Qui plus est, internet est toujours coupé et les sites d’information gabonais n’ont pu être renouvelés.

C’est ailleurs, donc, dans la presse du continent, qu’il faut chercher informations et commentaires sur la situation au Gabon…

« Lendemain douloureux d’une élection contestée aux résultats controversés, s’exclame le site d’information Guinée Conakry infos, avec en terrible malus : deux présidents, dont l’un auto-proclamé et l’autre, officiellement déclaré. […] Jean Ping et Ali Bongo, comme les moquent si bien certains de leurs compatriotes sur les réseaux sociaux, ont engagé leur pays dans une espèce de jeu de surenchère mal calculée dénommé le : Ping-Bong. Un jeu politique sur fond de rivalités haineuses et morbides dans un brouillamini électoral, où la transparence et la conscience sont publiquement et impudiquement desservies. »

Le parti de l’arbitraire ?

Le Pays au Burkina affiche son inquiétude : « tout indique, aujourd’hui, au regard de la position tranchée des deux camps, que le Gabon est parti pour un enlisement, affirme le quotidien ouagalais. Et les principales victimes de ce scénario sont les populations. »

Le Pays qui s’en prend à l’Union africaine : « l’organisation panafricaine a lancé un appel au calme, soulignant dans la foulée que la situation au Gabon risquait d’affecter la stabilité régionale. Pour éviter le chaos qui se dessine à l’horizon, l’UA y va de sa prescription médicale ainsi libellée : “Faire usage de toutes les voies légales et constitutionnelles pour trouver une solution à tout différend relatif aux résultats provisoires de l’élection présidentielle” ».Commentaire du journal : « l’UA voudrait apporter de l’eau au moulin du camp d’Ali Bongo qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. […] Cette organisation, comme un chien, ne changera jamais sa façon de s’asseoir. De manière invariable, elle a toujours pris le parti de l’arbitraire et de l’imposture contre la démocratie. Et c’est pour cela qu’elle ne se fait aucun scrupule à être pilotée par des antidémocrates primaires. »

La force de l’épée

Le site d’information Ledjely.com, en Guinée, s’en prend directement au président réélu :« Bien qu’ayant la majorité de ses compatriotes contre lui, Ali Bongo n’entend pas partir. Les Gabonais ont fait leur choix, mais lui s’en fout éperdument. Sa vérité à lui, est la seule qui vaille. »

Ledjely qui note encore « qu’Ali Bongo n’est pas le géniteur exclusif et ultime de cette approche du fait accompli. Bien avant lui, Denis Sassou Nguesso s’en était servi avec un succès certain. Au Burundi aussi, c’est à la force de l’épée que Pierre Nkurunziza doit son maintien au pouvoir. De même, au Tchad, la réélection d’Idriss Deby est loin d’avoir été transparente. Et on peut légitimement s’attendre à ce qu’en RDC, au-delà de toutes les agitations, Joseph Kabila se serve de la même recette. »

Enfin, le quotidien Aujourd’hui s’inquiète, lui, à propos de la prochaine Coupe d’Afrique des Nation qui doit se tenir au Gabon : « le Gabon retrouvera-t-il toute sa quiétude d’ici à janvier 2017, au point de recevoir la compétition ? Plus que tous, les dirigeants de la CAF, qui ont encore en mémoire le désistement du Maroc en 2015 et le recours in extrémis à la Guinée Equatoriale, se posent cette question en boucle. Nul doute qu’un plan B est en pleine réflexion, pour ne pas dire en pleine conception, en vue de parer à toute éventualité. Car janvier 2017, c’est déjà demain, et une crise post-électorale, on sait quand elle commence, mais quant à sa fin… Décidément, conclut Aujourd’hui, cette Afrique et ces lendemains incertains nous hanteront inlassablement, même sur les pelouses vertes. »

 

Source: RFI

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